Algérie. La révolution et la lutte anticoloniale dans l’analyse marxiste
( Brochure «le prolétaire», Août 2025 , format A4, 72 pages, Prix : 6 € ) - pdf
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Sommaire
● De la révolution anticoloniale à la révolution prolétarienne
● 8 mai 1945 : Dès la fin de la guerre mondiale, l’impérialisme français déclenchait une bestiale répression coloniale en Algérie (“Le Prolétaire”, n° 476, avril-mai 2005)
● La paix ? (“Programme communiste”, n° 19, avril-juin 1962)
● Bases et perspectives économico-sociales du conflit algérien (“Programme communiste”, n° 15, avril-juin 1961)
● Le communisme et les partis algériens (“Programme communiste”, n° 11, avril-juin 1960, n° 12, juillet-septembre 1960 et n° 13, octobre-décembre 1960)
● Quelques remarques sur la question coloniale (“Programme communiste”, n° 9, octobre-novembre-décembre 1959)
● Le parti communiste français (PCF) et la question coloniale (“Programme communiste”, n° 5, octobre-novembre-décembre 1958)
● Encore le PC et la question coloniale (“Programme communiste”, n° 6, janvier-février-mars 1959)
● La question coloniale : un premier bilan (“Programme communiste”, n° 4, juillet-août-septembre 1958)
● Physionomie sociale des révolutions anti-coloniales (“Programme communiste”, n° 2, janvier-mars 1958)
Annexes :
● Rosa Luxembourg. Les fastes de la colonisation française en Algérie. L’accumulation du capital, tome II, extrait de la partie III. Les conditions historiques de l’accumulation, chapitre XXVII : La lutte contre l’économie naturelle
● L’Algérie contemporaine. Complément statistique au texte de Rosa Luxembourg (“Programme communiste”, n° 5, octobre-décembre 1958)
Le parti communiste français (PCF) et la question coloniale
( Programme communiste, no 5, octobre-novembre-décembre 1958 )
Que le PCF n’ait pas « aidé » sérieusement la « cause algérienne » c’est un fait bien connu aujourd’hui. Nous n’en voulons pour preuve que cette courte citation extraite d’un document publié par la Fédération de France du FLN (Front de libération nationale) algérien : « Il est de notre devoir de préciser un certain nombre de points d’ordre historique et politique sur lesquels le PCF n’a pas eu jusqu’ici le comportement que lui commande le principe dont il se réclame : le soutien inconditionnel de la lutte des peuples opprimés contre l’impérialisme. » Sans commentaires...
Aussi bien le but du présent article n’est pas de démontrer cette vérité mais de mettre en évidence l’optique petite-bourgeoise et réformiste que le PCF… n’a jamais dépassé dans cette question, que ce soit dans ses critiques sur les « excès de la répression » ou dans les solutions envisagées. Précisons en outre que ces dernières ont un caractère chimérique parce que fondées sur une conception idyllique des rapports entre États dans le mode capitaliste de production.
Disons tout de suite que cette attitude est en connexion directe avec la dégénérescence de la IIIe Internationale Communiste et la conséquence logique de ses grands « tournants » qui sont autant d’abandons des vrais principes communistes et de trahisons des intérêts du prolétariat. La position actuelle du PCF qui en est l’aboutissement ne s’explique pas seulement par des impératifs tactiques du parti mais bien par la perte complète de toute aptitude à reconnaître les éléments des conflits sur leur plan de classe et leur inéluctabilité historique.
Dès 1926 s’amorce le grand tournant au sein de la IIIe Internationale avec la théorie stalinienne du « Socialisme dans un seul pays ». De ce sujet développé dans notre revue sous le titre La tactique du Kominterm de 1926 à 1940 nous extrayons les courts passages suivants : « L’asservissement du Kominterm aux intérêts de l’État russe était désormais vérifié et les partis communistes des diverses nations, au lieu de se mouvoir vers l’objectif unique et réel de la lutte révolutionnaire contre leur capitalisme, furent manœuvrés comme des pions du jeu diplomatique engagé par la Russie avec les autres puissances et amenés, lorsque les circonstances le requéraient, aux compromissions les plus désastreuses avec les forces de l’opportunisme centriste et de la bourgeoisie [...] Évidemment ce tournant de l’État russe n’était possible qu’à deux conditions :
1°/ que les partis communistes cessent de représenter une menace pour le capitalisme ;
2°/ qu’à l’intérieur de la Russie le principe de l’économie capitaliste – l’exploitation des travailleurs – soit définitivement consacré (1). »
En descendant le cours des ans depuis cette époque nous allons voir que l’évolution de la tactique du PCF (ex SFIC [Section française de l’Internationale communiste]) sur la question coloniale est en tous points conforme à ces affirmations.
On lit dans les thèses complémentaires du IIe Congrès de l’Internationale (1920) (Thèses de Bakou) : « La plus-value obtenue par l’exploitation des colonies est un des appuis du capitalisme moderne. Aussi longtemps que cette source de bénéfices ne sera pas supprimée, il sera difficile à la classe ouvrière de vaincre le capitalisme […] l’impérialisme européen a réussi, dans ses propres pays, à faire des concessions toujours plus grandes à l’aristocratie ouvrière. Tout en cherchant à maintenir les conditions de vie des ouvriers dans les pays asservie à un niveau très bas, il ne recule devant aucun sacrifice et consent à sacrifier la plus-value dans ses propres pays, celle des colonies lui demeurant. La suppression par la révolution prolétarienne de la puissance coloniale de l’Europe renversera le capitalisme européen. La révolution prolétarienne et la révolution des colonies doivent concourir, dans une certaine mesure, à l’issue victorieuse de la lutte. »
Le manifeste que lut Zinoviev, alors Président de l’Internationale Communiste, en conclusion des travaux, lançait ce cri de guerre : « L’Internationale Communiste invite les peuples d’Orient à renverser par la force des armes les oppresseurs colonialistes ; dans ce but elle proclame contre eux la guerre sainte... »
Cette proclamation vouait aussi bien la France que l’Angleterre et l’Amérique à la haine des communistes.
* * *
Lors de la guerre du Rif (mai 1925), un an avant le grand tournant stalinien, le parti fut mis pour la première fois à l’épreuve de la guerre coloniale. Sa position, conforme aux Thèses de Bakou, fut nettement révolutionnaire. Voici, à ce sujet, le mot d’ordre lancé par le Comité central le 17 mai 1925 aux ouvriers de France et des colonies : « [...] soutenez et propagez partout les mots d’ordre du Parti communiste. Paix immédiate avec le Rif ! Fraternisation des soldats Français et Rifains. Reconnaissance de la république rifaine. Évacuation immédiate du Maroc. »
De même, un « Comité d’action » dont le Comité central fut présidé par Maurice Thorez lança un appel (20 mai 1925) adressé « aux soldats et aux marins » : « [...] Vous ne serez pas les valets de la Banque. Vous vous souviendrez que les bolcheviks russes, les glorieux marins de la Mer Noire, les soldats d’Odessa, les soldats espagnols du Rif ont su arrêter la guerre par la fraternisation. Fraternisez avec les Rifains. Arrêtez la guerre du Maroc. »
Si nous comparons ce langage sans équivoque parce que strictement classiste, au bla-bla-bla de nos stalinistes actuels (que nous verrons plus loin) nous pourrons mesurer le chemin parcouru par le PCF sur le terrain glissant, ô combien ! de la dégénérescence et de la décrépitude. Point n’était question en 1925 de « liens culturels », « d’intérêts supérieurs de la France », de « négociation avec la métropole », « d’indépendance au sein de l’Union française », et d’autres balivernes du même genre, mais tout simplement de « fraternisation des combattants », « d’évacuation des territoires occupés » et d’indépendance tout court. Quant à « l’intérêt bien compris » de la France, on laissait cela aux bons patriotes petits-bourgeois. Il est vrai que depuis nous avons connu le front unique avec la démocratie, le front populaire, l’antifascisme, le patriotisme de la résistance, le « retroussez vos manches » de la libération, autant d’étapes qui jalonnent la route du PCF jusqu’à nos jours.
Reprenons donc cette route au cours des ans pour en arriver (1934-1935) à la naissance de « l’antifascisme » avec son corollaire, sur le plan politique, du « Front populaire ». C’est l’époque où l’Allemagne, dont les contrastes économiques sont exacerbées par les dispositions du traité de Versailles, réclame un repartage des colonies, imitée en cela par l’Italie.
La politique coloniale du PCF est alors orientée vers la défense de l’intégrité de l’empire colonial contre ce qu’il appelle les « menées du fascisme ». Pour le moins qu’on puisse en dire, voilà une bien curieuse position pour un parti « communiste » qui, ne réclamant plus l’indépendance vis-à-vis de la métropole pour les peuples coloniaux, leur conseille face à la « botte fasciste » d’opter pour le « coup de pied au cul » démocratique. Quant au contenu de cette creuse formule « fascisme ou démocratie » le lecteur nous dispensera de la développer à nouveau (2). Nous sommes loin du Comité d’action contre la guerre du Rif de 1925 et voici ce qu’écrit Maurice Thorez en décembre 1937 : « Rappelant une formule de Lénine, nous avons déjà dit aux camarades tunisiens qui nous ont approuvés, que le droit au divorce ne signifiait pas l’obligation de divorcer. Si la question décisive du moment, c’est la lutte victorieuse contre le fascisme, l’intérêt des peuples coloniaux est dans leur union avec le peuple de France et non dans une attitude qui pourrait favoriser les entreprises du fascisme et placer, par exemple, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc sous le joug de Mussolini ou de Hitler, ou faire de l’Indochine une base d’opération pour le Japon militariste. Créer les conditions de cette union libre, confiante et fraternelle des peuples coloniaux avec notre peuple, n’est-ce pas, là encore, travailler à remplir la mission de la France à travers le monde ? ».
C’est l’époque du Front populaire qui consacre l’alliance du PCF avec les partis de « Gauche », et le subtil distinguo entre le « droit au divorce » et « l’obligation de divorcer » n’est qu’une figure de rhétorique dont le but est de faire accepter par les masses l’alignement de la politique du PCF avec celle des partis « frères » (SFIO [Section française de l’Internationale ouvrière] - Radical) dont le réformisme et le programme petit-bourgeois ne sont plus à démontrer.
Dans la pratique, l’abandon de la revendication du « droit au divorce » se traduisit par le soutien d’un programme de réformes, tel le projet Blum-Viollette, assorti de promesses sur une problématique égalité de droits entre Français et Musulmans. Leur abdication ne s’arrêta pas là, ils combattirent dans le mouvement nord-africain la tendance la plus radicale restée fidèle à l’indépendance, cessèrent de soutenir l’Étoile nord-africaine et contribuèrent même à faire exclure Messali Hadj du IIe Congrès musulman (1937).
Si nous nous reportons à notre affirmation du début au sujet de l’asservissement du Kominterm aux intérêts de l’État Russe, et bien que dans ce cas on ne puisse pas dire que le PCF fut manœuvré par la Russie comme un « pion de son jeu diplomatique » sur l’échiquier international, la position de ce dernier illustre parfaitement le rôle de bon serviteur de la bourgeoisie française que ce « jeu diplomatique » devait nécessairement en faire.
La politique coloniale du PCF inaugurée avec le « Front populaire » durera jusqu’en 1945, année qui vit la défaite militaire des États « fascistes ».
Ce nouveau bond de 10 ans nous amène au lendemain de la libération, et nos « super-patriotes communistes » non content d’avoir entraîné le prolétariat dans la grande tuerie impérialiste de 1939-1945 s’attèlent à l’infâme besogne de reconstruction nationale. Le mot d’ordre était alors « travailler d’abord, revendiquer ensuite » et la compromission « Front populaire » fut dépassée par le « tripartisme » où l’on vit le PCF siéger au gouvernement. Dans une telle ambiance et avec de tels objectifs il est bien évident que l’indépendance des colonies était moins que jamais à l’ordre du jour ; Maurice Thorez ne nous laisse aucun doute là-dessus, après avoir rappelé que le « droit au divorce » ne signifiait pas « l’obligation de divorcer », il proclamait tout bonnement (juin 1945) : « Nous n’avons jamais cessé de montrer que, par exemple, l’intérêt des populations de l’Afrique du Nord était dans leur union avec le peuple de France. Les Nord-africains dont beaucoup sont morts depuis la Tunisie jusqu’aux champs de bataille de l’Allemagne pour la libération de la France, l’ont admirablement compris ». On ne peut être plus explicite !
Malheureusement pour nos stalinistes, l’histoire n’a que faire des beaux discours, même s’ils émanent de Maurice Thorez : elle poursuit sa marche inexorable. Ils ont sans doute oublié que : « [...] Si les hommes font leur histoire, ce n’est nullement afin de suivre une voie de progrès tracée d’avance, ni parce qu’ils doivent se soumettre aux lois d’on ne sait quelle évolution abstraite. Les hommes font leur histoire en cherchant à satisfaire leurs besoins [...] (3). » Oubliée aussi, cette phrase de Marx : « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine la réalité, c’est au contraire la réalité sociale qui détermine leur conscience (4). » Lamentable parti « communiste » qui, ayant perdu de vue toute conception matérialiste de l’histoire va se montrer incapable de situer sur leur plan de classe les conflits coloniaux et se livrer à toutes sortes de contorsions oratoires afin d’adapter ses mots d’ordre à chaque situation nouvelle. Qu’il soit passé maître dans l’art des pirouettes et des volte-face cela ne fait aucun doute, mais le prolétariat aura payé cher pour le savoir.
Lorsqu’éclatèrent les émeutes de Constantine (mai 1945) dues à la misère dans les campagnes d’Afrique du Nord, le PCF ne trouva rien de mieux que de ressortir le cliché, par trop usé pourtant, de « l’antifascisme » et de mettre ces évènements sur le compte de provocateurs « hitlériens » et des « trusts sans patrie ». Partant de là, les mesures à prendre étaient évidemment fort simples : donner à manger aux populations musulmanes, mettre hors d’état de nuire les tueurs hitlériens, relever de leurs postes les hauts fonctionnaires participant à ce complot, cesser toutes répressions, car… « toute autre mesure ne pourrait que dresser les populations qui espèrent en la France et faire aboutir les menées, séparatistes des quelques hitlériens à la Abbo Serda Borgeaud et autres fascistes algériens (5) ».
Or, quelques mois auparavant, la Conférence des trois (partis communistes d’Afrique du Nord (26 février 1945), si elle dénonçait la famine dans les campagnes nord-africaines en la mettant également sur le compte d’éléments fascistes, c’était surtout pour mettre en garde les populations musulmanes contre la répression qu’auraient justifiée [sic] les mouvements de colère suscitée par le sabotage des « hitlériens » et des « trusts sans patrie ». Elle affirmait : « Il est clair que l’intérêt de l’Algérie n’est pas de demander le divorce avec une France démocratique qui se forge dans la lutte contre les trusts sans patrie ».
En ce qui concerne plus particulièrement le Parti communiste algérien (PCA) une telle position devait immanquablement le couper du mouvement nationaliste algérien. C’est ce que constate A. Marty qui, après avoir souligné le brillant succès obtenu par le PCA après le vote de l’amnistie (1er mars 1946), est obligé de convenir que « [...] ayant reculé sur sa ligne en estompant sa position nationale, comme le constate le Comité Central des 20 et 21 juillet, il apparut comme un parti non algérien (souligné dans le texte) et ses suffrages tombèrent de 135 000 à 53 000 au profit des Amis du Manifeste. Les résultats du 2 juin ont donc révélé l’ampleur du courant national algérien (6) ».
Pour le PCF, il fallait évidemment faire cadrer cette réalité avec son « interprétation » et du même coup la misère en Afrique du Nord n’était plus le fait de provocateurs nazis mais « [...] la cause essentielle de la misère et de la famine réside en ce que l’Algérie est encore traitée en colonie (7) ».
A nouvelle interprétation, nouvelles mesures ! Voici donc ce que propose le PCF pour « abolir » le colonialisme : « Abolir les méthodes colonialistes. Éliminer la malfaisance des trusts. Nationaliser les banques d’émission coloniales [Indochine]. Nationaliser les industries clés. L’union des forces vraiment démocratiques de la métropole [...] aux forces progressives des territoires encore assujettis ».
Abolir des méthodes ! Éliminer une malfaisance ! Quel charabia ! Comme si l’impérialisme était simplement le fait de méthodes plus ou moins malfaisantes. Quant aux nationalisations il reste encore à démontrer que l’État français, sous le contrôle duquel seraient passées les banques et les industries clés, n’était pas un État bourgeois ...malgré le « tripartisme » ! De même, sans doute, que par la grâce de ce « tripartisme » la France avait cessé d’être un État impérialiste pour permettre à nos stalinistes d’affirmer : « [...] toute tentative de sortir de l’Union française ne pourrait qu’amener, avec une pseudo-indépendance, le renforcement de l’impérialisme (8) ».
Nous nous abstiendrons de tout commentaires sur l’union des forces vraiment démocratiques avec les forces progressives entièrement vide de sens, pour constater simplement que toutes ces bouffonneries seraient du plus haut comique si elles n’avaient pour résultat d’escamoter aux yeux du prolétariat français le fait économique et social de l’exploitation impérialiste en limitant le colonialisme à l’action des trusts et à ses méthodes... « malfaisantes ».
Afin de mieux comprendre la « stratégie coloniale » du PCF, nous pensons qu’il ne sera pas inutile d’ouvrir ici une parenthèse sur l’Indochine.
En Extrême Orient, il ne s’agit plus d’une simple révolte coloniale, mais bel et bien d’une guerre qui va secouer brutalement l’Empire colonial français sur son déclin.
Quelle était la position du PCF au début de la lutte du Viêt Nam ? Laissons à J. Duclos le soin de nous le préciser lui-même (février 1947) : « [...] les ministres communistes en ne rompant pas la solidarité ministérielle ont montré à quel point le PCF a le souci des intérêts du pays et un sens aigu de ses responsabilités. Espérons que sur le problème du Viêt Nam lui-même on comprendra en haut lieu qu’il est temps d’ouvrir la voie aux négociations en vue de rétablir au plus vite de fraternels rapports avec le peuple vietnamien que nous voulons voir étroitement uni au peuple français dans le cadre de l’Union française. (9) »
Comme l’on voit, nous sommes, tout comme pour l’Algérie, bien loin encore de l’indépendance, et s’il n’est plus question ici de « provocations fascistes » c’est uniquement du fait de l’appui Russe et Chinois au Viêt Minh.
Dans les années qui suivirent, la lutte en s’intensifiant vit croître l’antagonisme Russo-américain en Extrême-Orient, et, si sur le plan international les accords de Yalta et de Postdam s’estompaient de plus en plus devant la rivalité des deux grands impérialismes mondiaux, sur le plan intérieur nous assistions à la fin du « tripartisme ». Revenu dans l’opposition, le PCF pouvait plus facilement se livrer, au sujet de la « sale guerre », à une agitation aussi stérile que démagogique ayant surtout pour but de reconquérir la confiance des masses que son passage au gouvernement avait quelque peu émoussée. Ils découvrent enfin le réveil national en Asie, mais n’en sont pas moins pour la négociation, au nom de l’intérêt national... toujours !
Lorsqu’après la défaite de Diên Biên Phu, les négociations pour un cessez-le-feu s’ouvrirent à Genève, les stalinistes présentèrent cet évènement comme un succès de leur campagne contre la « sale guerre ».
Si certains ont pu se laisser abuser et croire que l’agitation autour de cette « paix » pouvait constituer un succès de classe, la déclaration du groupe communiste au moment de l’investiture du gouvernement Mendès France vint en effet tout à propos pour rappeler au contraire que ce parti, qui ose encore se réclamer du marxisme et de la révolution, est bien dans la lignée des « conciliateurs » et parfaitement décidé à sacrifier à la « paix capitaliste » la révolte des peuples de couleur en Asie, tout comme il lui a déjà sacrifié la lutte ouvrière dans la métropole. En soutenant le nouveau gouvernement parce que celui-ci avait promis d’« œuvrer à la paix en Indochine », les stalinistes lui ont donné un appui bien plus considérable que les quelques cent voix qu’ils apportèrent à une majorité déjà acquise. Ils lui ont fourni la meilleure des garanties de tranquillité sociale, de paix sociale, et lui ont ainsi laissé les mains libres pour traiter en Indochine et sauver ce qu’il était encore possible de sauver de la débâcle du colonialisme français. En effet, voyons dans quel sens le gouvernement entendait traiter, et à quelle « paix » ces « communistes » ont souscrit : « La France n’a pas à accepter et n’acceptera pas des conditions de règlement qui seraient incompatibles avec ses intérêts les plus vitaux. La France restera présente en Extrême-Orient » déclara Mendès France. C’était là une pétition de principe qui n’était certes pas faite pour déconcerter nos « nationaux-communistes » qui en ont vu bien d’autres depuis qu’ils sont devenus les champions de la production nationale et les « super-patriotes » que l’on sait. Mais le malheur pour eux c’est qu’elle démasquait leur adhésion à un plan qui n’avait pas d’autre objectif que de stopper cette « émancipation des peuples » qu’ils évoquent à tout propos.
On voit bien par-là quel rôle déterminant joue ce mouvement international de conservation sociale qui a pour centre Moscou. Tandis que « l’allié » russe du Viêt Minh s’est attaché à plier ce dernier au jeu diplomatique et à la stratégie mondiale opportuniste du Kremlin, s’efforçant même de négocier la guerre d’Indochine contre une révision des alliances en Occident, sa succursale politique en France a œuvré de son côté pour faciliter la voie du compromis, par l’offre de son appui parlementaire et l’implicite proposition d’une « mise au pas » de l’agitation sociale, facile à faire cadrer d’ailleurs avec la propagande antérieure de « défense de la production » et de souci de « l’intérêt national ».
Comme il était à prévoir, la paix signée à Genève (1954) apporta au Viêt Nam une systématisation nationale batârde obtenue sur un plan de totale collaboration de classe. Non seulement le Viêt Minh n’a jamais lancé à l’égard de la France l’anathème révolutionnaire sur l’impérialisme, mais il a toujours prêché la « conciliation », la « sauvegarde des intérêts respectifs » ...comme en fait foi cette déclaration de Pham Van Dông, Chef de la délégation vietnamienne à Genève : « Nous voulons établir avec la France des liens économiques avantageux pour les deux partie. »
Le résultat fut, que le nouveau gouvernement n’obtint pas l’indépendance de toute l’Indochine mais seulement du Nord et du Centre alors qu’il contrôlait militairement, après Diên Biên Phu, d’importantes zones dans le sud. Le Sud Viêt Nam, resté isolé de la république vietnamienne a donné le spectacle de l’anarchie et de la décomposition de ses partis politiques, il n’est que la tête de pont américain sur la péninsule.
L’objectif de la révolution nationale en Indochine – la réunion des trois Ky (Tonkin, Annam, Cochinchine) – ne fut point obtenue, non pas à cause du succès incomplet de la lutte révolutionnaire, mais du fait de la diplomatie défaitiste imposée au Viêt Minh par ses alliés Russes et Chinois. Si nous voyons là une totale trahison des intérêts nationaux vietnamiens, ce ne sont certes pas les « clowns stalinistes » qui nous contredirons, car dès avril 1947 ils affirmaient par la plume de J. Guillou : « Détacher la Cochinchine du Viêt Nam, c’est d’une part exercer le chantage de la famine sur le reste du Viêt Nam car cette région est le grenier à riz de l’Indochine, c’est d’autre part, sauver les meilleures positions des trusts (10). »
Cette parenthèse sur la question d’Indochine, en nous faisant parcourir quelques années, nous aura surtout éclairé sur le comportement du PCF face aux problèmes coloniaux.
En 1954, tandis que la paix est signée au Viêt Nam, se développe peu à peu la même crise en Afrique du Nord. Si pour le PCF les causes ne varient pas, « pensées de l’impérialisme américain », « comportement criminel de certains coloniaux », les « remèdes » proposés non plus : « Reconnaître solennellement au peuple tunisien et au peuple marocain le droit de gérer leurs affaires [...] Entreprendre une discussion avec les représentants qualifiés du peuple marocain et du peuple tunisien… (11). »
Même la timide revendication pour le Maroc et la Tunisie du « droit de gérer leurs affaires », ne change en rien son optique bourgeoise de la question et son rôle de « défenseur de l’Empire français » ; c’est ce qui ressort de ces quelques lignes empruntées à L’Humanité : « Les manifestations de terrorisme colonialiste qui se déroulent au Maroc et en Tunisie constituent un facteur de désintégration de l’Union Française (12). »
Par contre, on ne souffle pas un mot sur l’Algérie, comme toujours ; ce ne sera fait que sous la poussée des évènements.
Ceux-ci ne se firent point attendre, dès le 1er octobre 1954 la lutte nationale commença en Algérie par une série d’attentats, et un mois après, le 8 novembre 1954, le PCF publiait un communiqué dans lequel, après avoir reconnu « qu’un problème à caractère national » (bel euphémisme) se posait en Algérie, il était dit : « Fidèle à l’enseignement de Lénine, le PCF qui ne saurait approuver le recours à des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes si même ils n’étaient pas fomentés par eux, assure le peuple algérien de la solidarité de la classe ouvrière française dans sa lutte de masse contre la répression et la défense de ses droits (13). »
Non seulement c’était dénaturer le caractère national de la lutte menée par les Algériens, mais encore désavouer la lutte elle-même, la mettant (invariablement) sur le compte de provocateurs, les « pires colonialistes ».
Les mois passent, la guerre s’intensifie, mais le PCF restera sur cette position, l’assortissant de-ci de-là de revendications plus réformistes les unes que les autres :
• défense des intérêts matériels des travailleurs algériens (allocations familiales), etc... ;
• lutte (toute verbale) contre la répression et pour l’amnistie ;
• soutien des légitimes revendications à la liberté du peuple algérien (Liberté ?... à défaut d’indépendance !) ;
• négociations avec les représentants autorisés, etc., etc….
Nous en arrivons aux élections du 2 janvier I956 où nous voyons le PCF faire campagne électorale aux côtés des SFIO et des Radicaux, pour la « paix en Afrique du Nord ». Quand on est en si bonne compagnie, il est indispensable d’avoir sur la question coloniale un programme « national-patriote-bourgeois » : c’est exactement celui des stalinistes tel qu’il ressort de la déclaration publiée par le Bureau politique du PCF le 2 mars 1956 : « Nous sommes pour l’existence et pour la permanence des liens politiques, économiques et culturels, particuliers entre la France et l’Algérie [...] il faut vouloir rétablir la paix en Algérie, il n’est pas d’autres moyens pour y parvenir, que de négocier d’abord avec ceux contre qui on se bat afin d’aboutir rapidement à un cessez-le-feu général dans les conditions librement débattues, à l’arrêt de la répression et à la libération de tous les emprisonnés. Cela permettrait l’ouverture de négociations locales entre le gouvernement français et les représentants de tous les courants du mouvement national, de toutes les couches sociales de la population algérienne sans distinction d’origine. »
Ce programme ne renferme rien d’autre que les précédentes affirmations du PCF sur les « liens durables », la négociation, dont il est en outre bien précisé qu’elle doit d’abord avoir lieu entre combattants et ensuite avec les représentants... de « toutes les couches sociales sans distinction d’origine ».
Ces élections (véritable « victoire pour le prolétariat », comme on sait !) amenèrent la SFIO et Guy Mollet à la tête du gouvernement. Bien entendu, le premier souci de celui-ci fut d’intensifier les opérations de « pacification » et de réclamer à cette fin les pleins pouvoirs. Nos stalinistes, qui ont vraiment un sens aigu de leurs responsabilités, les accordèrent sans sourciller, et si pour eux la « solidarité parlementaire » n’est pas un vain mot, il fallait toutefois s’en justifier devant le mécontentement de la base : « Le sens essentiel de ce vote, écrit Florimond Bonte dans France nouvelle, c’était de faire pencher la balance à gauche [...] Il était d’obtenir que les pleins pouvoirs soient utilisés, non pour accentuer une néfaste politique de force [...] mais pour aboutir dans les plus brefs délais par une négociation menée avec les représentants du peuple algérien à une paix solide assurant par des décisions librement consenties l’existence de liens politiques, économiques et culturels entre la France et l’Algérie, pour contraindre si besoin est les grands possédants d’Algérie à renoncer à leur scandaleux privilèges [...] (14). »
Quelques mois après (le gouvernement de Guy Mollet ayant pourtant bien fait ses preuves en matière de « pacification »), sur le vote de la question de confiance, le PCF, devant la pression grandissante des militants, ne va pas jusqu’à voter pour le gouvernement, mais il s’abstient, afin, nous dit Maurice Thorez, « de ne pas se couper des socialistes [...] nous devons donc éviter de dresser entre eux et nous la barrière d’un vote hostile (15) ».
Il faut attendre le Congrès du Havre (juin 1956) pour entendre le PCF parler d’indépendance, « assortie de liens avec l’Union française » !, et comme toujours au nom de l’intérêt supérieur de la France. Qu’on en juge par ces quelques citations : « Une Algérie indépendante offrirait un débouché plus important que l’Algérie appauvrie par l’exploitation coloniale [...] La politique du Parti communiste permet à un peuple ami d’accéder à la liberté et répond aux intérêts supérieurs de la France. » « Communistes et socialistes se prononceront pour la répudiation des rapports coloniaux et pour leur remplacement par des rapports d’association conforme à la libre volonté des peuples (16). »
Et ceci au moment où la répression se déchaîne en Algérie comme dans la métropole. Dans la mesure où ces « rapports d’association » sont autre chose qu’une pure phraséologie quelle différence y a-t-il entre cette position et celles des bourgeois libéraux, voire de de Gaulle ?
Pratiquement, de telles positions devaient réduire à néant toute velléité de protestation de la part du prolétariat français en le liant à sa propre bourgeoisie.
Lors des incidents de Rouen (8 octobre 1957) où 600 « rappelés » refusèrent de quitter la caserne, non seulement le PCF se montra des plus discret, mais encore on vit un maire « communiste » (le maire de Petit-Quevilly) s’entretenir avec les soldats et les haranguer. Le fait que le « service d’ordre » ait autorisé un « communiste » à pénétrer dans la caserne nous éclaire suffisamment quant à la teneur de sa « harangue ». Résultat : malgré quelques incidents entre CRS et ouvriers alertés à la sortie des usines, à 2 heures du matin les soldats partaient en camions.
Un simple rapprochement entre ces évènements et ceux qui se produisirent lors de la guerre du Maroc en 1925 sera bien plus éloquent que tout commentaire, pour mesurer le chemin parcouru depuis par ce triste parti « communiste » dégénéré.
En 1925 : « Le principe de la grève générale est adopté par les congrès ouvriers. L’exécution est décidée pour le 12 octobre. Pendant dix mois, le gouvernement ne peut embarquer les soldats à Marseille et à Sète. La grève a comme mot d’ordre essentiel : la lutte contre la guerre du Maroc et de la Syrie [...] 900 000 ouvriers y participent, ce qui amène une violente répression : 1 371 condamnés militaires, 535 civils, tout le Bureau politique, la Direction de la CGTU [Confédération générale du travail unitaire 1922-1936] (17). »
Même en ce qui concerne ses critiques sur les excès de la répression, le PCF les a toujours formulées sous la forme la plus platonique de l’humanisme petit-bourgeois. C’est ainsi que Jacques Duclos dans une intervention à l’Assemblée nationale après avoir mentionné quelques cas d’arrestations et d’exécution sommaires « s’indigne » de la besogne que l’on fait faire à l’armée française : « telles sont quelques-unes des besognes auxquelles sont mêlés des jeunes français qui reviennent d’Algérie, avec au fond d’eux-mêmes une terrible « blessure morale », que seule la proclamation de la vérité « peut cicatriser » (18) ». Évoquant ensuite sur le même thème le geste du général de Bollardière (« reflet du trouble qui s’empare des patriotes courageux »), il déclare : « Le général soulignait le danger qu’il y avait à perdre de vue ces valeurs morales qui seules ont fait jusqu’à maintenant la grandeur de notre civilisation et de notre armée (interruptions à droite, applaudissements à l’extrême gauche) ! (19). » Évidemment pour remédier à ce « triste état d’âme » quoi de mieux que de demander à Monsieur le Ministre de l’Algérie : « [...] la publication de l’ensemble des travaux de la Commission parlementaire de sauvegarde des Libertés et des droits individuels (20). »
Le malheur pour Jacques Duclos, c’est que six mois auparavant (le 20 mars 1957) son collègue Laurent Casanova ait déclaré devant cette même assemblée : « Le rapport de la Commission parlementaire d’enquête à ce sujet (il parle des tortures) n’est convaincant pour personne, sauf pour le Figaro et le Gouvernement. D’abord la commission n’est pas unanime dans ses conclusions ; ensuite elle entoure son propre jugement de réticences et de précautions, telles qu’aucun observateur impartial ne pourrait s’y laisser prendre. » Quel bel exemple de bouffonnerie parlementaire !
Après le bombardement du village tunisien de Sakiet Sidi Youssef par l’aviation française, la crise algérienne prend un caractère plus aigu, mais devant les remous provoqués par cette action, le PCF s’en tient toujours à « des propositions aux partis de gauche en vue de rechercher un compromis permettent d’aboutir à une solution pacifique du problème algérien (21). » « L’attitude de notre parti, précise Waldeck Rochet, consiste à ne poser aucune condition que ne puisse accepter les formations de gauche. » ...Cette terrible nostalgie du « Front populaire » !
Cependant, les protestations et les prises de position commencent à réclamer une attitude plus efficace contre la guerre d’Algérie.
C’est ainsi que parmi les 1 800 délégués réunis à Pleyel le 30 août 1958 lors de la « Conférence pour la paix en Algérie » certains orateurs eurent une attitude plus radicale, s’inspirant, bien que timidement, d’un esprit de classe. Telle cette institutrice du Calvados faisant part à l’Assemblée d’une motion adoptée à l’unanimité par les instituteurs de son département et proposant « une journée de grève dans toute la France avec pour objectif unique la paix en Algérie ».
Mieux encore, la proposition faite par Barrat qui, ayant déclaré que « pour faire cesser la guerre […] démarches et délégations étaient nettement insuffisantes », évoque devant la conférence de Pleyel la perspective d’une grève générale illimitée en cas de putsch ou de coup d’État des militaires. Il préconisait également la désobéissance civique (impression, diffusion des textes interdits, etc.).
Devant ces prises de position, pourtant limitées, l’intervention du PCF n’en apparait que plus terne. Son porte-parole Léon Feix, se contente de développer toujours les mêmes thèmes, à savoir : « intérêt de la France », « liens » avec la métropole appelés ici « recherche des formes d’une coopération politique, économique et culturelle », action auprès des pouvoirs publics, messages au Président de la République, etc.
Après cela on comprend mieux que L’Humanité ait « omis » de mentionner l’intervention de Barrat, qu’elle ait tronqué celle des enseignants du Calvados, comme elle passa sous silence le fait que le délégué radical du Calvados rappelant « l’œuvre civilisatrice de la France en Algérie » fut hué lorsqu’il demanda le désaveu, parallèlement aux tortures, « des sévices et tortures exercés par l’ALN (Armée de libération nationale) ».
S’il n’y avait rien à attendre de cette assemblée hétéroclite, les quelques velléités qui s’y manifestèrent ne pouvant en aucun cas changer le cours des choses, elle aura tout au moins eu le mérite de mettre à nu la véritable position du PCF.
Avec les évènements d’Alger (30 mars l958) celui-ci se voit contraint de mener la campagne pour la paix non plus seulement sur le terrain platonique de l’intérêt national, mais aussi sur celui de la structure et de la politique intérieure. Cela lui fournira l’occasion de mettre une fois de plus en évidence le contenu parlementariste petit-bourgeois de sa politique.
Devenu l’ardent défenseur de la république, il lance les plus pressants appels aux « partis de gauche » poussant la servilité jusqu’à les assurer solennellement de sa bonne foi (22) : « Les communistes respecteront comme toujours le programme adopté en commun, et de son « respect de la légalité ». Le Parti Communiste français réaffirme solennellement qu’il ne saurait y avoir dans la bataille engagée, d’autres buts pour la classe ouvrière que de défendre la légalité républicaine et de sauvegarder les institutions démocratiques constitutionnelles. Tout l’effort du Parti Communiste français, chacun de ses actes sont commandés par cet unique souci. Ceux qui lui prêtent d’autres intentions abusent les démocrates, divisent leurs rangs et affaiblissent la riposte républicaine (23). »
Il est évident qu’aiguillée vers de tels « buts », ligotée par de tels mots d’ordre, le classe ouvrière, dont le PCF ose encore se réclamer, n’a pu jusqu’à présent entreprendre la moindre action de classe et qu’elle assiste aujourd’hui impuissante à l’extension du « terrorisme » dans la métropole, avec parallèlement, l’extension de la répression.
Devant l’ampleur accrue de la lutte, les stalinistes ne peuvent plus (comme en novembre 1954) condamner ouvertement les « actes individuels » des fellagas, mais, incapables d’une interprétation prolétarienne des évènements, ils se dérobent lamentablement. « Il serait inutile et même préjudiciable à la cause de la paix, de discuter sur le choix des méthodes et des moyens utilisés par les combattants algériens (24). »
En fait de jésuitisme on ne fait pas mieux !
Il est vrai que ce « grand parti » champion de la paix en Algérie ne recule devant aucun obstacle... même celui du vote des pouvoirs spéciaux au MRP [Mouvement républicain populaire] Pierre Pflimlin, présenté comme un moyen d’y parvenir : « [...] or de ce point de vue aussi (faire la paix), le vote de mardi ouvre des perspectives. Il est en effet absolument certain que l’isolement dans lequel sont tombés les «ultras» de Paris et d’Alger doit faciliter l’ouverture d’une négociation (25). »
Inutile d’insister davantage, pensons-nous, sur l’imbécilité (il n’y a pas d’autre mot) d’une pareille tactique qui relève plutôt de l’art des « pirouettes oratoires » que d’une quelconque argumentation politique. En fait « d’isolement des ultras », peu de temps après, Pflimlin, nanti pourtant des pouvoirs spéciaux, démissionnait (ou plutôt abdiquait) en faveur de de Gaulle. Quant aux « négociations » la lecture de Provence Nouvelle nous apprend que leur objectif n’a pas changé depuis Pleyel : « Il n’est pas trop tard encore pour sauvegarder les chances de la France, pour établir entre nos pays et les territoires d’Outre-mer (Algérie bien entendu comprise) des rapports d’association durables et réciproquement avantageux. Pour cela il convient que la France reconnaisse à tous ces pays leur droit d’indépendance et sur cette base engage avec eux des négociations d’égal à égal, pour déterminer les nouveaux rapports (26). »
Enfin, ces temps-ci, la « bataille » pour le référendum la dernière en date de ce très réformiste PCF, représente une double trahison du point de vue de la classe ouvrière :
1°/ Elle la mobilise sur des objectifs qui ne sont pas les siens (conservation de la République démocratique bourgeoise, au lieu de sa destruction par la violence).
2°/ Elle accrédite aux yeux du prolétariat la valeur de cet inutile bulletin de vote, alors que sa force réside essentiellement dans la masse qu’il représente et la place primordiale qu’il occupe dans la production capitaliste.
Mais nous savons que pour les stalinistes l’histoire peut changer de cours pour un « oui » ou pour un « non » !
* * *
Le fait essentiel qui ressort de ce long et fastidieux historique, c’est la dénaturation complète par le PCF du phénomène impérialiste avec toutes les conséquences politiques qui en découlent.
En effet, toute la politique staliniste sur l’Algérie a été de minimiser et d’aplanir les contrastes sociaux qui sont à la base des mouvements d’indépendance. Pour cela ils ont isolé le fait de l’oppression et de l’exploitation de son contexte économique et impérialiste, mettant seuls en cause les trusts et les gros colons. Dans son discours à l’Assemblée nationale du 20 mai 1957, Laurent Casanova exprime bien cette position lorsqu’il dit : « Notre parti tient-compte de [...] la présence sur le sol d’Afrique d’une population algérienne d’origine française et européenne dont les intérêts n’ont rien à voir avec le colonialisme. » Ce qui, entre parenthèses, est entièrement faux.
Or, il y a deux façons d’aborder le phénomène des révoltes nationales :
1°/ Une façon petite-bourgeoise, idéaliste, démocratique, humanitaire, etc., présentée comme le résultat de la progression des idées modernes de liberté, d’égalité, de justice.
2°/ Comme l’expression des contrastes économiques sociaux, liés à l’implantation des rapports mercantiles capitalistes dans les pays sous-développés ou colonisés (rôle révolutionnaire du capitalisme). Dans ce dernier cas on peut considérer deux sortes de contrastes inégalement développés et encore mal délimités : entre impérialisme monopoliste et facteurs économiques et sociaux nationaux, (encore que ces derniers aient longtemps collaboré avec l’impérialisme et ne l’ont affronté que contraints et forcés par la pression des éléments les plus défavorisés). Entre classes « nationales » privilégiées et prolétariat et sous prolétariat indigène (27).
Les stalinistes n’ont envisagé tout d’abord le problème colonial que sous son premier aspect : petit bourgeois, utopique (entente fraternelle des « peuples », liens culturels, etc.) et, lorsqu’il leur a fallu, sous l’effet de la brutalité des faits, prendre en considération les contrastes du phénomène, ils se sont uniquement penchés sur le contraste entre l’impérialisme monopoliste et facteurs économiques et sociaux nationaux (objectivement ou non justifié) et encore pour les étouffer sous des solutions de marchandage.
Ils ont fait de ce mouvement le résultat de la progression d’une « idée », donc acceptable par la « France de 1789 ». « Telle est la position de notre part (proclame Casanova) car nous avons conscience d’être ainsi dans la tradition de Jaurès et de Guesde et dans celle du grand mouvement émancipateur qui débuta avec la Révolution française puisque c’est elle qui consacra l’idée de la nation dans la conscience des peuples (28). »
En effet, pure tradition bourgeoise ! Ce n’est plus l’opportuniste qui parle, mais le petit bourgeois. Aussi, Casanova se réfère-t-il non pas à Lénine... mais à Jaurès qui disait « que la France a de grandes choses à faire, qu’elle est la grande, la belle, l’impérissable nation (29). » Mais Jaurès était un humanitaire et un socialiste « romantique », Casanova n’est qu’un flagorneur qui veut avoir l’air d’être solidaire des peuples exploités et s’adresse à la piraterie impérialiste en invoquant la « grande tradition française ». Cette flagornerie n’est pas seulement bassesse devant les bourgeois, abandon de toute position de classe, mais encore source de confusion aux yeux des ouvriers instinctivement réticents à tout ce qui est « national », en valorisant le grandiloquent coté jacobin bourgeois des révolutions coloniales.
Pratiquement, ils ont été conduits à se proposer comme intermédiaires dans un compromis entre ces mouvements et l’État français faisant valoir une politique de type « coexistence pacifique », « ...recherche des formes d’une coopération politique et culturelle ». Ce qui, dans la mesure où c’est possible, représente une reconversion du colonialisme en impérialisme moderne à domination financière... historiquement rien moins que facile pour la France.
Pour faire accepter ce « plan », ils n’ont renoncé à aucune bassesse, spéculant sur toute velléité de lucre des capitalistes français. Le meilleur exemple nous en est donné par l’argumentation de Garaudy sur Suez dont voici quelques extraits : « [...] à Suez, en provoquant le départ de nos techniciens, vous créez les conditions d’un recul de notre industrie [...] La France était aussi le deuxième fournisseur de l’Égypte [...] toute mesure de force ou de boycott à l’égard de l’Égypte compromettrait irrémédiablement nos positions [...] nous sommes toujours prêts à seconder l’expansion pacifique de l’économie et de la civilisation française (30) ».
Devenue les apologistes de l’affairisme mercantile, ils n’ont pas hésité, non seulement à abandonner toute solidarité prolétarienne internationale, mais encore à abandonner les communistes des partis « frères ». C’est ainsi qu’à divers députés et à Guy Mollet qui lui demandaient pourquoi il applaudissait Nasser alors que ce dernier emprisonnait les communistes, Garaudy répondit : « [...] dans les relations internationales – et c’est une doctrine que je croyais être la vôtre du point de vue de la coexistence pacifique des peuples – les régimes intérieurs ne doivent pas être un élément de notre appréciation sur les actes extérieurs (31). »
Ainsi les stalinistes ont fait bien du chemin depuis la période où ils réclamaient la rupture des relations diplomatiques avec Franco « parce qu’il était un fasciste ». Se plaçant sur le même terrain que Guy Mollet, ils renient ouvertement toute solidarité internationale, non seulement de classe, mais de parti. « [...] C’est une doctrine constante [...] de notre parti [...] d’admettre que, en vertu des principes de la coexistence pacifique, nous ne fassions pas intervenir nos préférences subjectives dans les relations internationales (32). »
La solidarité avec les communistes des autres pays relève... de « préférences subjectives ». Voilà qui se passe de commentaires ! Les communistes de Lénine eussent proclamé leur solidarité pour le mouvement révolutionnaire arabe, salué sa victoire sur l’impérialisme anglais et impitoyablement dénoncé Nasser qui brime ses travailleurs et n’est révolutionnaire et antiféodal... que pour l’extérieur.
Ainsi, nos « communistes » ont dénaturé le problème des révolutions nationales sur ses deux plans primordiaux :
1°/ DANS LE MOUVEMENT DU PAYS QUI SE RÉVOLTE, ils n’ont pas fait valoir la solidarité internationale avec les prolétaires du monde entier, mais les liens culturels, économiques, politiques (au nom des intérêts légitimes de la France) avec la nation oppresseuse. Dans cet ordre d’idées, ils ont préconisé toutes sortes de statuts intermédiaires comme autant de solutions « pratiques » du problème algérien. Or voici ce que disait Lénine à ce sujet : « Dans la cause nationale, toute bourgeoisie veut, soit des privilèges, soit des avantages exceptionnels pour sa nation, c’est ce qu’on entend par « pratique ». Le prolétariat est contre tout privilège, tout exclusivisme. Exiger qu’il soit « pratique » c’est verser dans l’opportunisme (33). »
Dans l’opportunisme, les stalinistes y sont tellement embourbés qu’ils n’ont jamais mis en avant le minimum de la revendication prolétarienne, à savoir : le droit à la séparation et la formation de l’État national. Si, sous la pression des évènements, ils ont avancé le mot d’ordre d’indépendance, c’est après l’avoir émasculé de toute énergie révolutionnaire par le souci du maintien des bonnes relations, de liens durables, etc… Curieuse indépendance, en effet, que celle qui est assortie de « rapports d’association » ou de « coopération politique ». Lénine était bien plus clairement affirmatif sur cette question : « [...] par libre disposition des nations on entend leur séparation en tant qu’État d’avec les collectivités nationales étrangères, on entend la formation d’États nationaux indépendants [...] dans le programme des marxistes, la « libre disposition des nations » ne peut avoir, du point de vue historico-politique d’autre signification que la libre disposition politique, l’indépendance en tant qu’État, la formation d’un État national (34). »
Ici, une précision s’impose sur la délicate question de la position du prolétariat de la métropole, face à la bourgeoisie du pays qui se révolte, et c’est encore à Lénine que nous la demanderons : « On nous dit, en soutenant le droit à la séparation, vous soutenez le nationalisme bourgeois des nations opprimées [...] Nous répondrons : Non, c’est à la bourgeoisie qu’il importe d’avoir ici une solution « pratique » tandis qu’aux ouvriers il importe de dégager en principe deux tendances. Pour autant que la bourgeoisie de la nation opprimée lutte contre la nation qui opprime, pour autant nous sommes toujours, en tout état de cause et plus résolument que tous les autres, pour, car nous sommes l’ennemi le plus hardi et le plus conséquent de l’oppression. Pour autant que la bourgeoisie de la nation opprimée est pour son propre nationalisme bourgeois, nous sommes contre. Lutte contre les privilèges et les violences de la nation qui opprime, aucune tolérance pour la recherche de privilèges de la part de la nation opprimée (35). »
En somme, exactement le contraire de la position de R. Garaudy sur l’affaire de Suez !
2°/ DANS LA MÉTROPOLE, où la « revendication de la paix » a toujours été assortie des intérêts supérieurs de la nation et jamais étayée par un argument de classe. A ces stalinistes, défenseurs conséquents de l’« Union Française », Lénine a déjà répondu depuis longtemps : « Le moindre appui accordé par le prolétariat d’une nation quelconque aux privilèges de « sa » bourgeoisie nationale provoquera inévitablement la défiance du prolétariat de l’autre nation, affaiblira la solidarité internationale des ouvriers (36). »
Il est vrai que les stalinistes ont une façon toute particulière d’interpréter les écrits authentiquement marxistes afin de les invoquer à tout propos pour justifier leur politique... authentiquement bourgeoise. C’est ainsi que Pierre Courtade écrit au sujet de l’alliance du PCF avec les « partis de gauche » pour la défense de la République : « [...] il s’agit d’une application des principes de Marx sur l’alliance nécessaire jusqu’au bout de la classe ouvrière et des classes moyennes (37). »
Il oublie volontairement que cette alliance n’est concevable que lorsque la bourgeoisie lutte pour détruire des rapports économiques et sociaux précapitalistes et que cette phrase a été définitivement close dès 1870 en Europe occidentale.
Nous nous contenterons d’opposer à ces tristes flagorneurs ces quelques lignes de Lénine : « [...] La politique du prolétariat dans la question nationale (de même que dans les autres questions) ne soutient la bourgeoisie que dans une direction déterminée, mais ne coïncide jamais avec sa politique [...] La classe ouvrière soutient la bourgeoisie [...] afin d’assurer à la lutte de classe l’ambiance la plus favorable (38). »
Lénine parlait de lutte de classe... on peut se demander si nos stalinistes d’aujourd’hui savent encore ce que cela veut dire, eux qui n’ont jamais mis en avant le moindre argument de classe dans leur démagogique « campagne » pour la paix. Il suffit de nous reporter à l’intervention de L. Feix à Pleyel face aux quelques interventions classistes qui s’y manifestèrent, de savoir que L’Humanité a passé ces dernières sous silence, pour en être convaincu, ou encore d’écouter Roger Garaudy : « [...] Les 500 000 jeunes gens que vous utilisez à la guerre, manquent terriblement au travail en France (39). »
Comment, en effet, interpréter ces paroles, sinon que pour les ouvriers, il n’y a d’autre alternative que d’être « chair à canon » ou « chair à profit »... pour le grand bien de la France, à moins que ce ne soit pour illustrer la parole du « grand maître Staline» : « L’homme est le capital le plus précieux ! ».
Évidemment, ces « communistes » nouveau style ne pouvaient faire autrement que d’envelopper leurs « mots d’ordre » de la plus servile référence aux « valeurs bourgeoises » et à la patrie, citant par exemple le général de Bollardière pour étayer leur argumentation... sur les « blessures morales » et la grandeur de l’armée.
En un mot, ils ont rompu totalement avec la « garantie » de Lénine dans la question nationale : la lutte de classe dans la métropole.
* * *
Le but de cet article était de mettre en lumière la position petite-bourgeoise, réformiste et opportuniste du PCF sur le problème colonial. A ce sujet, la lecture de la presse staliniste nous a grandement aidé dans notre tâche, car, non seulement elle nous a pleinement édifié sur le contenu essentiellement bourgeois de sa politique, mais elle nous permet en outre d’affirmer, qu’il ne s’agit pas là de faiblesse théorique, d’erreur de tactique ou de jeu diplomatique déterminé par la Russie, mais bel et bien de la perte totale de toute vision historique solide de classe, comme de toute conviction et de toute flamme révolutionnaires.
Arrivé à un tel degré de dégénérescence il ne peut y avoir pour le PCF d’autre issue que celle réservée à la bourgeoisie, et Pierre Courtade fait ici figure de prophète lorsqu’il préconise avec elle « l’alliance jusqu’au bout... ».
En effet, « jusqu’au bout », c’est-à-dire jusqu’à l’éviction totale et définitive de tous ces « pantins » bourgeois de la scène politique, par le prolétariat.
Puissent quelques éléments avancés de la classe ouvrière comprendre que si cette éventualité n’est pas à l’ordre du jour, le PCF peut en revendiquer l’entière responsabilité.
Le résultat le plus concret de sa politique, est qu’il n’existe pas aujourd’hui sur la question coloniale (de même que sur les autres questions) de possibilité de remettre le prolétariat sur les positions abandonnées depuis si longtemps par les stalinistes, avant que l’ensemble du mouvement ne retrouve son programme général de classe, dont nous sommes certains de l’inéluctabilité.
(1) « La tactique du Komintern de 1926 à 1940 », Programme communiste, no 4, juillet-août-septembre 1958, pp. 41 et 51.
(2) Développé dans Programme communiste, no 4, juillet-août-septembre 1958, sous le titre « L’enfant légitime de la démocratie » ; cf. également « Le capitalisme français au tournant » dans ce présent numéro, Programme communiste, no 5, octobre-novembre-décembre 1958.
(3) G. Plekhanov De la conception matérialiste de l’histoire.
(4) K. Marx, préface à Contribution à la critique de l’économie politique.
(5) « Les Évènements d’Algérie », Rouge-Midi, 24 mai 1945.
(6) « La question algérienne », Cahiers du Communisme, no 8, 1946.
(7) Ibid.
(8) Cahiers du Communisme, no 10, octobre 1946.
(9) Cité par Le Communiste, mensuel de l’Opposition révolutionnaire du Parti communiste français, juin 1958.
(10) « A propos du Viêt Nam », J. Guillou, Cahiers du Communisme, mars-avril 1947.
(11) L’Humanité du 23 juillet 1954.
(12) Ibid.
(13) Souligné par nous.
(14) « Le sens d’un vote », F. Bonte, France nouvelle, 17 mars 1956.
(15) Maurice Thorez, réunion du groupe communiste, salle Colbert, Palais Bourbon, juin 1956.
(16) « Le XIVe Congrès au seuil d’une grande époque », J. Freville, L’Humanité-Dimanche, 22 juillet 1956.
(17) Cahiers du Communisme, cité par L’Étincelle, n° 4, août 1957.
(18) Intervention de Jacques Duclos à l’Assemblée nationale le 25 septembre 1957.
(19) Ibidem
(20) Ibid.
(21) Ibid.
(22) « La question de l’alliance avec les communistes », P. Courtade, L’Humanité-Dimanche, 7 septembre 1958.
(23) La Marseillaise, 19 mai 1958.
(24) « Le non au référendum plébiscite garantie de la paix en Algérie », J. Espana, La Provence Nouvelle.
(25) La Marseillaise, 22 mai 1958.
(26) J. Espana, Provence Nouvelle, 7 septembre 1958.
(27) Pour l’évaluation de la portée et de la nature des révolutions coloniales, nous renvoyons le lecteur à deux articles parus dans cette revue : « Physionomie sociale des révolutions coloniales », Programme communiste, no 2, janvier-février-mars 1958, et « La question coloniale : un premier bilan », Programme communiste, n° 4, juillet-août-septembre 1958.
(28) Intervention à l’Assemblée nationale de Laurent Casanova le 20 mai 1957.
(29) Discours de Jaurès le 6 Décembre 1906 à l’Assemblée nationale cité par Roger Garaudy à cette même assemblée le 16 octobre 1956.
(30) Intervention à l’Assemblée nationale de Roger Garaudy le 16 octobre 1956.
(31) Ibid.
(32) Roger Garaudy, intervention à l’Assemblée nationale du 16 octobre 1956. C’est nous qui soulignons.
(33) Lénine Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pp. 51-52.
(34) Idem, pp. 40 et 43
(35) Idem, p. 53.
(36) Lénine, op. cit.
(37) « La question de l’alliance avec les communistes », P. Courtade, L’Humanité-Dimanche, 7 septembre 1958.
(38) Lénine Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
(39) Intervention à l’Assemblée nationale de Roger Garaudy le 16 octobre 1956.
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